Dans mon ciel, la nuit

Dans mon ciel la nuit, il y a des étoiles. Elles s’éveillent les unes après les autres. Elles éclairent le ciel, pourtant leurs dessins, je ne les connais pas. Dans mon ciel, la nuit, il y a une lune. Une lune qui est horizontale. C’est la lune indienne, celle que Shiva porte dans ces cheveux. Dans mon ciel, la nuit, il y a mes rêves. Mes rêves qui s’envolent. Certains n’ont ni queue, ni tête. Ce sont des souvenirs, des bouts de vie. Ils se mélangent, s’assemblent et parfois me réveillent, en sursaut. Dans mon ciel, la nuit, il y a des nuages qui passent. Ils sont fins et s’effilochent parfois comme du coton. Les étoiles jouent à cache cache dedans. Cela rend le ciel sombre par moment et puis d’autres fois très lumineux.

Dans mon ciel, la nuit, il y a des chansons qui montent doucement. Elles chantent dans une langue que je ne comprends pas. Elles me rappelle que je suis dans un endroit que je connais pas. Un endroit où je ne suis pas née, un endroit où pourtant je me suis installée, le temps d’un instant. Dans mon ciel, il y a des rires qui éclatent. Des mots qui laissent une petite traînée de poussière. Il y a des klaxons qui raisonnent, souvent, plus que ce dont j’ai l’habitude. Mais même cela devient une nouvelle habitude. Dans mon ciel, parfois, la nuit, il y a des aboiements de chiens qui se font entendre. Ils percent les bruits des rues, éclatent plus fort, ils se courent après, s’entrechoquent. Puis s’éloignent, laissant une énergie électrique derrière eux.

À une certaine heure, pas trop tardive, il y a des rideaux de fer qui se ferment. Ils grincent, ils ont l’air de protester d’être resté enroulée sur eux même toute la journée. Il y a aussi des voix qui chuchotent. Je ne comprends pas ce qu’elles disent. Pourtant leur accent met devenu familier. Je les écoute, j’essaye de deviner ce qu’elles disent. Je leur imagine un visage, une histoire. Peut-être les rencontrerai je demain.

Dans mon ciel, la nuit, parfois un enfant pleure. Il y a le sabot d’une vache sur le sol. Elle fait son chemin d’un pas nonchalant, grignotant le reste de nourriture que les habitants lui ont laissé sur le bord de leur maison. Dans mon ciel, la nuit, il y a une douce présence qui vieille. Elle reste réveillée pour toutes les personnes qui s’endorment. Demain, elle aura le droit d’être parfumé par les bâtons d’encens qui dans chaque maison seront allumés. On lui posera des offrandes, des fleurs, du riz, de l’eau, du miel. On prend soin d’elle ici, on lui parle tous les jours. On lui construit des temples, de toutes les couleurs. On l’appelle Brahma, Krishna, Shiva…

Dans mon ciel, la nuit, il y a une prière qui monte. Un corps juste réveillé qui se met à transpirer. Il a les yeux qui piquent. La gorge sèche. Pourtant il ne bouge pas. Il n’allume pas la lumière. Non, il connait les moustiques ici. Il attend. Il demande à ce que l’électricité revienne. Alors on entendra le doux flonflon du ventilo…

Ah voilà… Une nuit de plus

 

 

[Texte issu de mon carnet d’écriture automatique, retravaillé]

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