L’écriture automatique

Depuis quelques temps, j’ai décidé d’ajouter en plus de mes articles « classiques » de voyage, certains de mes textes issus de mes carnets d’écriture automatique. Beaucoup de vous on réagit en les lisant, chacun à sa manière, mais je m’en rends compte, je ne vous ai pas donné toutes les clés pour bien les interpréter. Je corrige donc ce faux pas, avec l’article qui vient.

J’ai découvert le principe de l’écriture automatique, plus précisément le nom, pendant mes cours d’art plastique. Mais en réalité, j’utilisais à ma façon depuis des années.

 En 1878 Hippolyte Taine en parle dans  son ouvrage De l’intelligence  : « Il y a une personne qui, en causant, en chantant, écrit sans regarder son papier des phrases suivies et même des pages entières, sans avoir conscience de ce qu’elle écrit. À mes yeux, sa sincérité est parfaite ; or, elle déclare qu’au bout de sa page, elle n’a aucune idée de ce qu’elle a tracé sur le papier. Quand elle le lit, elle en est étonnée, parfois alarmée… Certainement on constate ici un dédoublement du moi, la présence simultanée de deux séries d’idées parallèles et indépendantes, de deux centres d’actions, ou, si l’on veut, de deux personnes morales juxtaposées dans le même cerveau ; chacune a une œuvre, et une œuvre différente, l’une sur la scène et l’autre dans la coulisse. ».

Plus tard, les surréalistes utiliseront également ce procédé dans leurs recherches visant à s’émanciper de l’étroitesse de la pensée régie par la raison. André Breton, définira l’écriture automatique dans le premier Manifeste du surréalisme (1924) : « Placez-vous dans l’état le plus passif ou réceptif que vous pourrez… écrivez-vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas vous retenir et ne pas être tenté de vous relire ».

J’ai utilisé les principes du surréalisme pendant mes années lycées, appréciant la recherche d’expression de l’inconscient. Avec un groupe d’étudiants lors des Acf (activités complémentaires de formation), nous expérimentons les cadavres exquis, assemblage de mots et de verbes, donnant une phrase. Le nom vient d’une des premières phrase collective « le cadavre exquis boira le vin nouveau. Cette même technique peut également s’utiliser en dessin. Chacun dessine un bout de dessin pli la feuille, et le suivant créer un autre dessin avec les seuls bouts visibles du dessin précédent.

Cette technique me plait, je l’utilise pendant un an avec le groupe Deux Navets Antiques. Depuis, le surréalisme et sa recherche de l’expression pure et sans contrainte m’inspire. J’essaye de l’appliquer en peinture puis en écriture. Pour moi, c’est avant tout me décharger de ce que je ressens et ce que je ne m’autorise pas forcément à dire. Contrainte de la société, de mon entourage ou de moi-même. S’exprimer pour se libérer, pour mieux se comprendre.

Avec le temps, je trouve cette technique d’écriture automatique. J’écris sans me mettre de freins, d’abord c’est compliqué car les pensées vont plus vite que la vitesse de mon crayon. Je perds quelques brides mais je continue. Petit à petit, mes phrases sont plus construites, ma pensée s’adapte au fil de mon écriture. Je commence parfois à écrire en me disant je suis triste parce que ça et j’ai besoin de le sortir de mon cerveau et finalement je finis sur quelque chose de totalement différent.

Je m’applique à présent exprimer non plus seulement la tristesse ou la colère mais aussi la joie, l’amour, le voyage. Cet exercice, je vous le partage pour vous faire découvrir cette technique, et pour vous faire partager aussi mes émotions.

Je me suis lancée déjà avec deux textes pour avoir vos retours. Je sais qu’ils peuvent être durs, mais sachez qu’ils ne sont dirigés envers personne. Tout ce qui est écrit sort de moi, sans filtre, aucun, vous l’avez compris c’est le principe. L’idée encore une fois c’est l’expression, mon expression et vos réactions face à mon inconscient. N’hésitez donc pas à réagir en privé en public, le débat me fait avancer, me permet de connaître mes défauts, mes qualités, et de grandir encore.

 

« Beau comme la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection. »

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