Jaisalmer

La tête remplie de souvenirs, et le cou bordé de fleurs,je quitte Pushkar. Les rires de Flo et de Céline raisonnent encore dans ma tête. Alors en montant dans le bus je réalise que mon voyage ne serait pas grand chose sans tous ses gens que je rencontre.

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Alors je m’imagine une petite prière, je n’ai plus tous les mots mais je vais essayer de la reformuler. À tous ses voyageurs, mes amis de la route, que vous soyez de passage, ou que vous habitiez sur place, je vous remercie. Je vous remercie et je vous aime. Chaque jour, j’apprends d’avantage. Vous m’acceptez tel que je suis sans question sans plus d’attente. Sachez que pas une seule fois je n’ai regretté d’être avec vous. Que je ris ou que je pleure, je le vis toujours avec mes émotions. Et pas une seule fois vous ne m’avez jugé pour cela. Du bord du lac sacré, à la terrasse d’un café, toutes les discussions que nous avons partagé m’ont nourri et
me nourrissent encore. Vous remplissez ces lieux, les faites vivre. Vous les rendez beaux par votre présence. Merci !

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J’arrive à Jaisalmer, la ville n’est pas encore tout à fait réveillée. Les rues sont calmes à l’intérieur du fort. Et c’est avec un regard émerveillé que je découvre la ville. J’adopte Anni sur la route, ma première amie malaisienne. L’hôtel que nous avons trouvé nous offre une vue magnifique sur le fort. Avec une petite sieste et une douche, on se décide à aller manger. On parcourt les chemins à l’intérieur du fort qui a eu le temps de se réveiller. On se ballade ensuite dans les alentours, l’extérieur est plus animé mais tout autant agréable.

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Ma dernière decouverte, la salade de snacks. Mélange de cornflacks, de nouilles de riz, de cacahouètes, de tomates et d’oignons. Je crois que je suis devenue addicte !

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Au détour d’une rue, on fait la connaissance de Brahim,(l’histoire vous en rappellera peut-être une autre, moi j’ai fort pensé à mon copain marocain, pensée pour toi Roya). Il vient juste d’ouvrir un restaurant et nous propose de nous offrir un chai. On s’y installe, on discute. Brahim, vient d’un village près du désert, il vit à Jaisalmer avec son frère de dix ans. On passe l’après midi avec lui, il nous apprend des tour de magie qu’il ne réussi pas mais on rigole bien.

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De retour dans l’hôtel, je retrouve Daniel, avec qui nous étions à Pushkar. Autour d’une papaye, habitude que je n’ai pas quitté après Kochi et Federica, on discute de tout et de rien. On profite des lumières de la ville, on observe la ville s’endormir. C’est alors que je me rends compte à quel point je me suis habituée à l’Inde. Et à quel point, je l’aime à présent. Je regarde les vaches s’installer au coin des rues, et je souris. Dans combien d’autres pays pourrais je voir cela ?

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Le lendemain, je profite de ma matinée, lecture, douche intensive, lavage de vêtements. Je vous écris, je réfléchis et je pars me ballader dans les rues du fort. Je fais alors de nombreuses rencontres, tout le monde semble tellement adorable ici. La dernière et l’une des plus belle, est une famille. Lui a 32 ans et elle 28, elle en parfait dix de moins. Ils m’accueillent tout sourire dans leur shop, elle est enceinte jusqu’au cou. Je m’installe avec eux et il ne leur faut pas beaucoup de temps pour qu’ils me racontent leur histoire des plus merveilleuses.

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Alors c’est à mon tour de vous la conter. Lui est de la caste des brahma, la plus importante et dite la plus haute. Elle vient d’une des plus basses. Ils se rencontrent dans le train entre Delhi et chez elle, un village vers Aurangabad. Ils se battront pendant plus d’un an pour faire accepter à leur famille respective leur choix de mariage par amour. En Inde, ce n’est pas commun, la majeure partie du temps ce sont les familles qui décident du prétendant. Et parfois le couple ne se rencontre que quelques jours avant le mariage. Alors je vous laisse imaginer, deux personnes,de deux villes différentes, de conditions différentes, et de castes, avec un mariage d’amour, ça tient du Roméo et Juliette. Ils sont donc là tous les deux assis devant moi, souriants, magnifiques et je ne peux douter qu’il n’y a bien que de l’amour qui les unie. Elle attend son deuxième enfant et ri des blagues de son mari, pendant qu’elle allaite le plus grand. Ils veuillent l’un sur l’autre. Ils se le rendent bien. Ils sont beaux. Ils sont heureux. Avec leur simplicité, ils peuvent en inspirer des gens autour d’eux. Mais ils s’en moquent, et en plus de ça, ils ont une association pour aider les femmes veuves, des villages du désert…

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Le soir nous retrouvons, Rahim à son restaurant. Je prends ce soir là mon premier cours de cuisine indienne. Non pas par Rahim mais par son petit frère, qui trop content de sécher l’école préfère cuisiner des chapatis. Il ne parle pas anglais mais Rahim fait la traduction, et ils sont bien étonnés quand je leur apprend qu’en France on mange pas de chapatis. Mais qu’est ce que vous mangez Alors ? J’enchaine mon apprentissage avec un Dal Fry, un plat en sauce dont la base est faite de lentille. Le petit s’étonne sur ma façon de couper les tomates. Je l’aime bien, il a beau ne pas aimé l’école, j’essaye de lui expliquer que c’est important d’apprendre à lire et écrire. Je joue un peu la rabat-joie mais je sens qu’il pourrait aller loin s’il le voulait.

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Le lendemain, après un petit déjeuner chez Rahim celui ci me propose de faire un tour en moto, direction le désert. On passe la journée en mobylette, je soupçonne Rahim d’essayer de me montrer les plus jolis coins pour me faire rester plus longtemps.

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On commence par la visite d’un petit fort dans les environs. Depuis les remparts, on peut appercevoir les restes d’une ville oubliée, certains indiens, s’y sont réinstallés depuis, mais les vestiges restent toujours là, souvenir d’un passé animé.

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Nous continuons notre ballade vers un lac, où les fermiers viennent abreuver leurs vaches et buffaloes. Brahim n’aime pas les buffles car pour lui ils salissent l’eau en venant s’y baigner, quand à moi, je profite du spectacle et ne peut que penser qu’ils ont bien raison de se plonger dans cette eau fraîche après une longue journée de travail.

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Nous rions de voir passer les jeeps touristiques qui s’arrêtent 10 minutes le temps de regarder, prendre trois photos et repartir.IMG_2197_1IMG_2178_1

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On continue vers le désert… Autant vous dire que la moto dans le sable même si brahim est un bon conducteur, c’est pas facile. On ri tout le long de la route, et je finis par atterrir allongée dans les dunes…. Pas de mal à part une petite brûlure sur le mollet, je suis pliée en deux à force de rigoler. On continue le chemin à pied.

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La journée est magnifique… Et je rentre lessiver au restaurant, quand un groupe arrive, allez zou tout le monde en cuisine. Le petit me sourit à pleines dents quand je me joins à eux. On sent le bonheur qu’il a cuisiné et je me joins à lui pour pétrir la pâte des chapatis.

Je passe mon dernier jour à me ballader, et prendre des photos. Je rencontre du monde encore. La route m’appelle et encore une fois je quitterai la ville avant que le jour ne soit levé.

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