Padam padam

Il y a des chansons qui vous suivent. Qui vous parlent. Qui sont là à certains moments et qui resteront ensuite associés à des souvenirs.

Alors si je dois vous faire une confidence, ma chanson actuelle, celle qui sera associée à ma période pré-voyage et qui me suit encore parfois est bien  » Padam padam » d’Edith Piaf.

Elle me revient en tête souvent et à différents moments. Au départ, elle était juste une jolie chanson que j’aimais entendre. Elle a tourné certains jours en boucle sur mon enceinte dans l’ancien bureau de Donneville qui me servait d’atelier, mais aussi dans ma salle de bain, et à Paris sur mon balcon… Petit à petit, elle a pris du sens, elle s’est associée à certains souvenirs.

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Mon retour à Paris, pour faire mon visa où quand en grimpant les escaliers de la station Saint-Paul mon téléphone en mode aléatoire tombe sur cette chanson.

En errant dans Montmartre, je ressasse mes souvenirs et certains jours qui ont été des épreuves. Je me pose sur les escaliers du Sacré Coeur et espère voir cet homme qui joue si bien avec son ballon qui semble parfois volé. Lorsqu’il apparaît, je l’observe en fredonnant de loin. Quel n’est pas mon étonnement quand pour commencer son show, il lance Padam. Ma tristesse du moment, semble s’associer à la sienne tandis qu’il danse avec le réverbère.

Plus tard, je rejoins mon café préféré, La Chope, pour ceux qui auraient des doutes. Je m’y installe avec un thé pour déverser mes pensées dans ce carnet qui me suit partout. Une chanson commence, elle n’est rien d’autre que Padam. Première et dernière fois que je l’entends dans ce lieu. Je ne peux alors que me dire que je suis exactement sur le chemin sur je cherchais depuis un bout de temps. Mon coeur se sert, dans un mois, je quitterai enfin la France.

Les semaines s’enchaînent, mes préparatifs pour le voyage s’accélèrent. Et me revient en tête cet air qui m’obsède malgré lui.

Les derniers instants à Toulouse et avec les dernières soirées avec mes copains. On rit, on boit et on finit par danser. Les bras se mélangent, on découvre de nouveaux visages. Un marinière, un béret, et Edith Piaf résonne à nouveau mais cette fois à la comptesse.

« On a dansé sur Edith Piaf et tu ne dis même pas aurevoir? »

Ce n’est pas un Au revoir, c’est un chemin que je dois prendre, c’est un monde qui m’attend.

Je découvre le Emaüs de Pau, avec deux joyeux compères. Et je ne peux que sourire quand dans la camionnette sur le chemin du retour, je découvre qu’il a acheté le vinyle d’edith piaf.

Réveillon en famille, chacun y va de sa voix et chante. En tournant les pages du carnet de chanson, j’espère un peu de Padam pour ne pas conjurer ce joli sort. Et voilà, le souvenir est gravé, j’ai toutes vos voix à l’unisson sur une très belle chanson. Et si les larmes coulent, ce n’est pas de tristesse, mais d’amour, de joie et de soulagement, il va enfin en être fini de ma morosité. Et maintenant je sais que vous comprenez.

Panam résonne encore quelques fois de plus dans le couloir de Marieville, qui m’a vu grandir. La boucle est bouclée.

Il est à présent l’heure de prendre l’avion. Le coeur en fait et songeant pourtant qu’une page se tourne, je branche ma musique sur Edith Piaf. En avant…

Les journées passent et il y a tellement à voir et à entendre… En même temps que je découvre le monde, je tente chaque jour de m’aimer un peu plus. Ce n’est pas tâche facile mais je sais que c’est l’un des buts de ce voyage. M’extraire de ce regard sévère que je porte sur moi et qui me laisse toujours un goût amer au fond du coeur. « C’est un air qui me montre du doigt, et je traîne derrière moi comme une drôle d’erreur. Cet air qui sait tout par coeur. »

Alors quand autour du feu, un vendredi, à Hampi, on s’est mis à chanter ma voix a porté au loin, « cet air qui m’obsède jour et nuit, cet air n’est pas né d’aujourd’hui. » Il ne peut que sortir du coeur et prendre tout son sens à ce moment.

Et ci, mes derniers instants en France, je semblais souvent ailleurs, et que mes yeux s’embrumaient parfois ou se remplissaient de larmes, ce que j’étais un peu perdu dans ce battement de coeur qui semblait étouffer, et battre plus comme un glas.

Alors à présent j’espère bien changer un peu les paroles, pour que ce padam padam, ce battement de coeur, tape un peu plus librement et joyeusement au fond de ma poitrine. Mais j’en suis sûre, j’ai pris la bonne voie. La voix que le monde m’offre.

Padam Padam Padam…

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