Bilan de la petite enfance

Après deux ans, à travailler en tant qu’éducatrice de jeunes enfants, mon bilan est un peu amer. Dans une structure où le nombre d’enfants est tel (parce que on compte en fonction des m2 et pas de la capacité humaine à vivre ensemble) qu’on a parfois l’impression de façonner des enfants à la chaîne. Les moyens humains en terme d’encadrements sont trop peu et cela devient de l’autorité par la peur plutôt que de l’autorité par le respect et la compréhension.

Pourquoi ? Parce que le travail est dure et qu’il faut bien que chaque petit bambin se cale sur le rythme crèche car on en peut pas faire au cas par cas avec autant d’enfants.

Il y a toute celles et ceux qui se battent par des petites actions pour que l’enfant, chaque enfant soit considéré comme un être unique. Mais, et il y a toujours un mais malheureusement, on a souvent l’impression que le groupe, la structure, l’institution frêne ces belles initiatives. Et on entend « ça prend du temps », « tu sais a déjà beaucoup changé » à chaque proposition pour l’amélioration du bien-être des enfants, et on finit par être un peu dégoûté, par ralentir l’allure un car c’est dure de faire évoluer les choses seule contre tous. On crie pour le besoin des enfants en priorité. On nous montre les changements effectués et on ressent que plus rien ne pourra vraiment changer à présent sauf si on se ruine la santé.

Alors on part sur d’autres projets pour rester toujours passionner. Et on espère que quelqu’un pourra prendre notre relais sans revenir en arrière. On reste positif sur les petites évolutions, sur des enfants mieux pris en compte malgré tout, sur des parents un peu moins jugés, sur des professionnelles enrichis.

J’ai travaillé et je suis partie, laissant derrière moi, un nouvel accueil du parent au sein de la section, des ateliers parents-enfants une fois par mois, un coucher échelonné et en douceur, des règles plus douces, de l’observation professionnelle, des jeux libres et à disposition, un nouvel aménagement de l’espace par coin. Mais dans mon coeur, il manque encore une verbalisation envers l’enfant sur la base du respect, un projet pédagogique réfléchisse et compris par l’équipe, une notion du temps adapté à l’enfant et pas à l’horloge accroché au mur, une distanciation professionnelle, des repas individualisés, la prise en compte de l’objet transitionnel comme vraie transition maison/crèche, un langage positif , une direction à l’écoute…

En avant donc pour d’autres projets, pour d’autres enfants, d’autres parents à accompagner. La semaine dernière, j’ai annoncé mon départ après deux ans auprès d’une section de 26 enfants entre 1 et 2 ans.

Et j’en suis soulagée !

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